Quand le litige éclate

Quand un litige éclate, beaucoup de dirigeants pensent n’avoir que deux options :

1- Discuter

2- Attaquer

C’est faux. Entre la discussion molle et l’escalade judiciaire, il existe un espace beaucoup plus stratégique : la négociation.

L’objectif n’est pas d’être "gentil", ni de "trouver un compromis" à tout prix et encore moins de sauver les apparences. Mais d’éviter qu’une situation déjà tendue ne devienne irréversible.

Avant d’aller au tribunal, je vous invite donc à vous poser les bonnes questions.

𝗟𝗮 𝘃𝗼𝗶𝗲 𝗷𝘂𝗱𝗶𝗰𝗶𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗲𝘀𝘁-𝗲𝗹𝗹𝗲 𝘃𝗿𝗮𝗶𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗻𝗲́𝗰𝗲𝘀𝘀𝗮𝗶𝗿𝗲 ?

OUI, si les fonds ont disparu.

OUI, si les actifs sont déjà dilapidés.

OUI, si l’adversaire refuse tout dialogue.

OUI, si l’enjeu financier écrase totalement le risque réputationnel.

Mais NON, si les fonds existent encore.

NON, si un dialogue reste possible, même indirect.

NON, si la réputation, la relation future ou l’écosystème autour du conflit comptent autant que l’argent.

Dans ce cas, on ne fonce pas tête baissée. On apprend à négocier.

𝗤𝘂𝗶 𝗱𝗼𝗶𝘁 𝘀𝗲 𝗿𝗲𝘁𝗿𝗼𝘂𝘃𝗲𝗿 𝗮𝘂𝘁𝗼𝘂𝗿 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝘁𝗮𝗯𝗹𝗲 ?

Pas forcément les dirigeants.

Pas forcément ceux qui ont "vécu" le conflit de l’intérieur.

Encore moins ceux qui veulent régler leurs comptes.

Autour de la table, il faut des interlocuteurs capables de garder leur calme, et d’être constructifs.

Lorsqu’un tiers neutre peut éviter l’embrasement, n’hésitez pas à le faire intervenir.

𝗖𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁 𝘀𝘁𝗿𝘂𝗰𝘁𝘂𝗿𝗲𝗿 𝗹𝗮 𝗱𝗶𝘀𝗰𝘂𝘀𝘀𝗶𝗼𝗻 ?

En sortant des positions de principe.

“Je veux récupérer mon argent.”

“Je veux des excuses.”

“Je veux qu’ils paient.”

“Je ne veux plus jamais leur parler.”

Ces phrases expriment simplement la colère et n’ont jamais réglé aucun conflit.

Il faut transformer ces demandes en intérêts concrets :

▪️ Que veut-on vraiment obtenir ?

▪️ Que peut-on accepter ?

▪️ Que doit-on absolument éviter ?

Une négociation de crise est une succession de décisions cadrées.

𝗖𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗰𝗼𝗻𝗰𝗹𝘂𝗿𝗲 𝘀𝗮𝗻𝘀 𝗮𝗹𝗶𝗺𝗲𝗻𝘁𝗲𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗯𝗿𝗮𝗶𝘀𝗲𝘀 𝗱’𝘂𝗻𝗲 𝗳𝘂𝘁𝘂𝗿𝗲 𝗰𝗿𝗶𝘀𝗲 ?

Un accord oral ne suffit pas ; une poignée de main ne protège rien.

Un "on s’est compris" est souvent le début du prochain malentendu.

Il faut donc formaliser l’accord.

Informer les parties prenantes clés.

Documenter le processus.

Et capitaliser sur ce qui vient de se passer pour éviter de reproduire le même scénario.

Le tribunal est parfois nécessaire, mais une négociation bien menée peut protéger l'avenir, là où une procédure ne règle que le passé.

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